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"J'espère que nos maisons sont encore debout" : après la trêve avec Israël, les Libanais hésitent à rentrer chez eux

Un cessez-le-feu de 10 jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur dans la nuit de jeudi à vendredi. Après des semaines d'attaques et de déplacements massifs de population venues du sud, les déplacés s’interrogent : faut-il rentrer dès maintenant ou attendre ?

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Des enfants devant une tente dans un camp de réfugiés sur un parking de Beyrouth.
Des enfants devant une tente dans un camp de réfugiés sur un parking de Beyrouth. ©AFP - Joseph Eid

Le cessez-le-feu tiendra-t-il 10 jours ? C'est la durée prévue par l'accord de trêve sur lequel se sont entendus Israël et le Liban jeudi 16 avril. Mais des actes d'agression ont déjà eu lieu dès la nuit suivante, rapporte l'armée libanaise : des bombardements sur des villages auxquels le Hezbollah annonce avoir répondu. Sur place, les populations déplacées depuis le début du conflit s'interrogent : faut-il rentrer chez soi ou attendre ?

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Dans un camp de déplacés à Beyrouth, Fadi s'active : il charge une camionnette avec des palettes et des couvertures. Ils retournent chez eux dans la banlieue sud de Beyrouth. Pendant que les hommes rangent, Chadia fume un narguilé près de sa tente. "Si Dieu le veut, on rentre chez nous, il y a juste des vitres cassées et des gravats", dit-elle avant d'ajouter : "on est content du cessez-le-feu et je souhaite que ça dure."

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Hassan aussi aimerait partir, mais pour le moment, il refuse de rentrer dans la banlieue sud, il attend des garanties. "Jusqu'à ce que Nabih Berri, le président du Parlement et le Hezbollah nous disent qu'on peut y aller ! Parce que l'ennemi est trompeur et on ne peut pas lui faire confiance", explique ce père de famille.

Même prudence pour Ali, il reste car il est dans l'inconnu : "J'espère que nos maisons sont encore debout parce qu'elles sont près de la frontière. On est à 500 mètres de Bint Jbeil." Son village dans le sud est tout proche de ce bastion du Hezbollah où les combats ont fait rage avec l'armée israélienne. Sa maison a-t-elle été détruite ? "J'en sais rien", avoue-t-il, "je voulais repartir aujourd'hui, je voulais y aller avant que mon village ne soit occupé."

Israël a annoncé vouloir maintenir une présence dans le sud du Liban, dans une bande frontalière d'environ 10 km de profondeur, et le village d'Ali se trouve précisément dans cette zone.

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