En Antarctique, les forêts animales marines abritent des écosystèmes luxuriants même à plus de 100 mètres de profondeur

Plongée dans les forêts secrètes de l'Antarctique

Publié le

48 min

Publicité

Provenant du podcast

Interception

Par Fabienne Sintes

Cap sur l’Antarctique, pour une aventure extraordinaire. Une équipe de chercheurs y a exploré parfois à plus de cent mètres de profondeurs des forêts sous-marines encore inconnues. Trois mois en eaux glaciales pour mieux comprendre ces écosystèmes fragiles.

Avec

Cette semaine, Interception vous emmène dans un lieu que vous n’avez jamais vu, et vous fait écouter des bruits que vous n’avez jamais entendus. Pour cela, il faut aller très loin. Direction l’océan Austral, au niveau de la péninsule Antarctique, à l’extrémité du continent blanc, juste en face de l’Amérique du Sud.

Publicité

Mais le voyage ne s’arrête pas là. Pour partir à la rencontre des forêts animales marines, il faut plonger profondément, entre 30 et 200 mètres sous la surface. Cette zone porte un nom : la zone mésophotique. C’est un monde méconnu, peu exploré, peu documenté, où se déploie une vie foisonnante. Gorgones, coraux, éponges, poissons, crustacés… un écosystème uniquement composé d'animaux.

Aujourd’hui fragilisées, menacées par le réchauffement climatique et les activités humaines, ces forêts sous-marines existent partout sur la planète. Mais les explorer en plongée profonde, dans une eau glaciale, pendant trois mois… c’est une première mondiale.

Les chercheurs, plongeurs et photographes que vous allez rencontrer forment l’équipe d’Under the Pole. Leur mission s’inscrit dans le programme Deep Life, un projet scientifique d’envergure qui rassemble 42 chercheurs issus de 11 pays différents. Sur chaque site de plongée, un protocole extrêmement rigoureux est mis en place. Les équipes collectent des échantillons, mesurent les paramètres de l’eau et des courants, réalisent des enregistrements sonores et des photographies scientifiques.

Leur objectif est clair : récolter un maximum de données pour mieux comprendre, décrire et documenter le fonctionnement de ces forêts animales marines. Pendant toute la durée de la mission, tout le monde vit à bord d’un voilier de 20 mètres, le Why. À quinze personnes dans un espace restreint, la vie s’organise, se partage. Plus qu'une équipe, une famille.

À deux reprises, en janvier puis en février, le Why a été rejoint par un autre voilier, le Malizia Explorer, venu renforcer la logistique de l’expédition. Ce soutien permet notamment d’accueillir davantage de scientifiques à bord. Sophie Bécherel a participé à la deuxième rotation. Depuis Ushuaïa, il faut compter quatre jours de mer pour rejoindre la zone d’étude. Quatre jours à affronter les redoutés soixantièmes rugissants. Alors quand le Why apparaît enfin à l’horizon, le soulagement est immense.

Reportage : Sophie Becherel
Production : Hélène Chevallier
Réalisation : Lucie Lemarchand
Documentation musicale : Marion Guy-Laine
Mixage : Théo de Laubadère

Musique diffusée dans ce numéro : “Bathed in sound” Cosmo Sheld

Merci à Lucia Di Iorio, chercheuse au CNRS pour les sons des forêts animales marines

Pour en savoir plus sur les expéditions d'Under the pole, c'est iciOuverture dans un nouvel onglet , pour les publications et le travail de Lorenzo Bramanti, chercheur au CNRS, c'est par làOuverture dans un nouvel onglet .

L'équipe

Épisodes précédents