"On ne va pas attendre" : un collectif veut décaler l'examen de la loi sur le cadmium pour lui donner plus de chance
Le texte visant à plafonner le taux autorisé du métal toxique dans les engrais doit être examiné lors de cette semaine transpartisane à l'Assemblée nationale. Semaine écourtée par le pont de l'Ascension. Le collectif AMLP demande son report pour s'assurer qu'il soit bien étudié.
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De nombreux médecins spécialistes en parlent comme d'une bombe sanitaire en puissance. Le cadmium, ce métal lourd présent à des taux bien trop élevés dans nombre de cultures, notamment les céréales, alors qu'il aggrave le risque de développer certains cancers. Une proposition de loi doit être présentée cette semaine pour plafonner le taux autorisé dans les engrais. Une mesure réclamée il y a quelques semaines par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES).
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Cet examen doit avoir lieu dans le cadre de la semaine transpartisane à l'Assemblée nationale, sauf qu'elle a très peu de chances d'être étudiée. Elle est en septième position dans l'ordre du jour et la semaine s'achève mercredi 13 mai, en raison du pont de l'Ascension. Un collectif de médecins, l'Alerte médicale sur les pesticides et perturbateurs endocriniens (AMLP), demande à ce que l'examen soit décalé.
"Il faut prendre des mesures collectives"
Médecin à Angoulême et coadministrateur de ce collectif de lanceurs d'alertes, Louis-Adrien Delarue ne veut rien lâcher : "Maintenant sur le cadmium, on ne rigole plus, il faut prendre des mesures collectives." Il considère cette proposition de loi comme essentielle. "On ne va pas attendre 10 ans de plus ou 15 ans de plus à laisser nos enfants et les adultes être exposés quand on sait par exemple que le cadmium est fortement impliqué dans l'augmentation du risque des cancers du pancréas", affirme Louis-Adrien Delarue. "On a d'autres suspicions sur le cancer de la vessie, de la prostate ou du sein. On voit des augmentations de troubles du neurodéveloppement chez les enfants et je rappelle que le cadmium est suspecté de donner des troubles du neurodéveloppement", ajoute-t-il.
"Pouvoir la mettre à l'agenda en disant 'si si on s'en préoccupe', mais en réalité on s'en préoccupe que vaguement, c'est histoire de faire genre, nous on ne veut pas faire genre", assène le médecin angoumoisin. La seule solution alors, reporter le texte à la semaine transpartisane de juin pour qu'il soit examiné en priorité. "S'ils ne passent pas là au plus tard, au mois de juin, je pense que dans cette mandature, il n'y aura pas d'autres ouvertures et ça, ce serait vraiment dommage", déplore le député écologiste Benoît Biteau est porteur du texte.
"Une alerte lancée par l'ANSES le 25 mars qui conduirait à un débat et un vote d'une trajectoire de sortie du cadmium au mois de juin, ça aurait quand même un peu de gueule. On pourrait enfin dire que cette Assemblée nationale est réactive par rapport à des alertes lancées par des agences sanitaires et des scientifiques", souligne Benoît Biteau. L'ordre du jour de la semaine transpartisane de juin doit être décidé mardi 12 mai.